Le 5 octobre 2026, le dernier volet de la Loi 29 est entré en vigueur. Un an plus tôt, jour pour jour, c'était le premier. Deux dates, deux obligations nouvelles pour tout revendeur qui vend à des particuliers, et une seule réaction dans l'industrie : la conformité minimale, quand il y en a une.

C'est normal. Une loi, ça se subit. On lit ce qu'il faut afficher, on l'affiche, on passe à autre chose.

Sauf que tout bouleversement est une occasion. Quand les règles changent pour tout le monde en même temps, celui qui les lit différemment prend une longueur d'avance, et il la prend gratuitement. La Loi 29 contient deux de ces occasions pour les revendeurs en informatique. La première vous permet d'afficher, à côté de chaque prix, exactement ce qui vous distingue des grandes surfaces. La deuxième vous oblige à parler de garantie avec chaque client, et donc à vendre ce que presque personne ne vend.

Depuis un an, j'ai regardé ce que les revendeurs en font. Presque rien. Voici pourquoi c'est votre chance.

Ce qui vient d'entrer en vigueur, et ce qui l'était déjà

Deux garanties, deux dates. Ce n'est pas un avis juridique, c'est le résumé dont vous avez besoin pour la suite.

Depuis le 5 octobre 2025 : la garantie de disponibilité. Les pièces de rechange, les services de réparation et les renseignements nécessaires à l'entretien ou à la réparation doivent être disponibles pendant une durée raisonnable, à un prix raisonnable. Le commerçant et le fabricant peuvent s'en dégager, en tout ou en partie, à une condition : le dire au consommateur avant la vente. Pour le commerçant, ça veut dire une mention à côté du prix, en magasin comme en ligne, produit par produit. Une page générale dans le pied de page ne remplit pas cette obligation. Et la loi prévoit explicitement la disponibilité partielle : vous pouvez garantir tous les services de réparation et seulement certaines pièces, du moment que vous l'écrivez. En ligne, vous devez aussi fournir le lien vers l'information du fabricant.

Depuis le 5 octobre 2026 : la garantie de bon fonctionnement. Un ordinateur portable, un ordinateur de bureau, une tablette ou un cellulaire neuf doit fonctionner pendant trois ans, pièces et main-d'œuvre, sans frais pour le consommateur. Cette garantie s'applique automatiquement, sans inscription ni formulaire, et elle s'ajoute à la garantie légale qui existait déjà. Le commerçant doit afficher sa durée à côté du prix, de manière évidente. Et avant de proposer une garantie supplémentaire sur un de ces produits, il doit remettre un avis qui décrit la garantie de bon fonctionnement, précise qu'elle est accordée automatiquement par la loi et rappelle les autres garanties gratuites.

Deux obligations d'affichage, donc, et une obligation de parler de garantie au moment de vendre. Lisez-les une deuxième fois, parce que les deux sont aussi des espaces publicitaires que la loi vous ordonne d'occuper.

Occasion 1 : le « Non disponible » qui vous coûte votre différenciation

Demandez à n'importe quel revendeur en informatique ce qui le distingue des grandes surfaces. La réponse arrive avant la fin de la question : le service. On répare. On a un atelier. On est centre de service pour le fabricant. Quand ça ne se règle pas chez nous, on s'occupe de l'envoi au manufacturier et on gère le dossier pour le client.

Tout ça est vrai. Je le sais parce que je l'ai fait pendant 35 ans et parce que je l'entends chaque semaine.

Maintenant, allez sur la boutique en ligne de ce même revendeur et cherchez la mention sur la garantie de disponibilité. Dans la très grande majorité des cas, vous trouverez « Non disponible ». Services de réparation : non disponibles. Pièces : non disponibles.

Dans une boutique dotée d'un atelier de réparation, l'étiquette de prix d'un portable affiche pourtant « Services de réparation : non disponibles ».

C'est ce qui me fait rire. Le gouvernement a créé une obligation d'afficher, à côté de chaque prix, si vous réparez ou non. Pour une grande surface, c'est une case où elle avoue qu'elle ne répare rien. Pour vous, c'est une case qui dit « on répare ça » à l'endroit exact où le client regarde avant d'acheter. La loi vous a donné un espace publicitaire pour votre atelier, gratuit, sur chaque fiche produit, et vous y avez écrit que vous n'avez pas d'atelier.

Pourquoi ? Pas par mauvaise foi. Par paresse, ou par simplicité. « Non disponible » est le chemin facile : une mention, pas de nuance, aucun risque. Sauf que ce n'est même plus le chemin conforme. La mention doit être à côté du prix, produit par produit, et une affiche générale ne suffit plus.

L'objection habituelle, c'est les pièces : « Je ne peux pas garantir toutes les pièces de tous les produits. » Exact, et la loi ne vous le demande pas. La disponibilité partielle est prévue. Vous pouvez écrire que les services de réparation sont disponibles et que certaines pièces ne le sont pas. C'est honnête, c'est conforme, et ça dit au client ce qu'il veut savoir : si ça brise, je peux revenir ici.

Le 5 octobre, j'ai vérifié les sites de quelques grands revendeurs. La durée de la garantie de bon fonctionnement, celle de cette semaine, était affichée. La garantie de disponibilité, celle d'il y a un an, était reléguée dans le pied de page, en mention générale. Un an plus tard, même les gros n'y sont pas. Le terrain est libre.

Vous êtes seuls

Si vous découvrez une partie de ce qui précède en le lisant, vous n'êtes pas l'exception. Dans mes discussions avec les revendeurs, la garantie de disponibilité est le volet le moins connu de la Loi 29, et de loin. Un an après son entrée en vigueur, personne ne vous l'a expliquée, et personne ne viendra le faire.

Pour la garantie de bon fonctionnement, celle de cette semaine, la situation est à peine meilleure. Dans tout mon réseau, un seul manufacturier a envoyé des instructions à ses comptes : Lenovo. Un représentant a transmis la marche à suivre pour que le client enregistre sa garantie de 3 ans auprès de Lenovo, en référence directe à la Loi 29. Les autres fabricants ? Silence.

Soyons justes avec Lenovo : pour le client, c'est une bonne nouvelle. Une garantie de 3 ans inscrite dans le système du fabricant, reconnue par n'importe quel centre de service, sans avoir à s'obstiner, c'est concrètement mieux qu'un droit légal qu'il faut plaider.

Mais regardez à qui ça profite. En trois lignes, Lenovo fait de son propre réseau le réflexe de réparation pour les trois prochaines années. « N'importe quel centre de service » veut dire n'importe lequel, pas nécessairement le vôtre. Et c'est là que les deux garanties se rejoignent : si, pour la garantie de disponibilité, votre fiche produit dit « Services de réparation : non disponibles », vous venez de confirmer au client qu'il doit aller ailleurs pour sa réparation de bon fonctionnement.

Un fabricant qui s'organise, les autres qui se taisent, et un commerçant seul avec deux obligations d'affichage et un client qui demande ce que ça veut dire. C'est inconfortable. C'est aussi pour ça que c'est une occasion : le premier revendeur d'une région qui affiche clairement « on répare ça, ici » n'a pas de concurrence sur cette phrase-là.

Occasion 2 : la loi vous oblige à parler de garantie. Vendez-en.

Deuxième constat de mes discussions avec les revendeurs : pratiquement personne ne vend de garantie supplémentaire. Pas par choix, par habitude. On vend la machine, on remet la facture, on souhaite bonne chance. La garantie prolongée du fabricant ou le programme d'un tiers restent dans le catalogue, jamais sur le comptoir.

C'est une marge que vous laissez au fabricant, au tiers, ou à personne.

La garantie de bon fonctionnement change une chose : le sujet est maintenant sur le comptoir, que vous le vouliez ou non. Avant de proposer une garantie supplémentaire sur un portable, une tablette ou un cellulaire, vous devez remettre un avis qui explique la garantie légale de 3 ans. Beaucoup de revendeurs vont y voir une contrainte de plus. Lisez-le autrement : la loi vous impose d'avoir une conversation sur la garantie avec chaque client, au moment exact où il sort son portefeuille. Vous n'avez plus à amener le sujet. Il est amené pour vous.

Ce que ça exige, c'est d'avoir quelque chose à proposer quand la conversation arrive. Et avec trois ans garantis d'office, pièces et main-d'œuvre, une garantie supplémentaire qui ne couvre que les défectuosités pendant trois ans ne se vendra plus. Votre offre doit aller là où la garantie légale ne va pas : une durée plus longue, le bris accidentel, le service sur place, l'appareil de courtoisie pendant la réparation. Le fabricant et les tiers ont ces produits. Il reste à les mettre dans votre processus de vente, et à former les gens qui sont derrière le comptoir.

C'est exactement ce que nous bâtissons chez EStaff Plus : une formation sur la vente de garanties supplémentaires, complémentaire à notre formation sur la garantie légale, prête d'ici la fin de l'année. Mais vous n'avez pas besoin de nous attendre pour poser la première question : qu'est-ce que je propose, aujourd'hui, au client qui me demande s'il devrait prendre une protection ?

Vos trois tâches de la semaine

Si vous vendez aux particuliers, voici ce que je ferais avant vendredi.

1. Posez-vous la vraie question sur les services de réparation. Ouvrez votre boutique en ligne, prenez votre produit le plus vendu et lisez ce que vous affichez pour la garantie de disponibilité. Si c'est « Non disponible » alors que vous avez un atelier, vous venez de trouver votre différenciation. Elle était là, elle attendait que vous l'écriviez.

2. Validez tous vos points d'affichage. Magasin, soumissions, site e-commerce et places de marché, s'il y a lieu : pour chacun, vérifiez que la garantie de bon fonctionnement et la garantie de disponibilité sont affichées comme la loi le demande, à côté du prix, produit par produit. Un seul canal oublié, et la conformité des autres ne vous protège pas.

3. Décidez si vous vendez de la garantie supplémentaire. Pas « un jour ». Maintenant, parce que la conversation va avoir lieu à chaque vente de toute façon. Si la réponse est oui, il vous faut une offre et des gens formés pour la présenter.

Chez EStaff Plus, on peut vous aider sur les trois points. Dans notre solution, l'affiche de produit et les soumissions sont conformes à la Loi 29, ce qui règle une bonne partie de la tâche 2 sans que vous ayez à retoucher chaque fiche à la main. Pour comprendre et expliquer la loi, nous offrons deux formations : « Formation Loi 29 : Garantie de bon fonctionnement – Version dirigeant », pour ceux qui décident de l'affichage et de l'offre, et « Formation Loi 29 : Garantie de bon fonctionnement – Version employé », pour ceux qui répondent au client au comptoir. La formation sur la vente de garanties supplémentaires suivra d'ici la fin de l'année.

La Loi 29 n'a pas changé ce que vous faites. Elle vous oblige seulement à l'écrire à côté du prix. Vos concurrents ont écrit « Non disponible ». À vous de décider ce que vous écrivez.